dimanche 22 juillet 2018

La marathon des mots


Ecrire un texte avec 8 mots donnés par les écrivants : limonade -
Temps d'écriture : 8 minutes

Louis avait, disons-le, un sérieuse tendance à procrastiner. Ce qui l'embarrassait.
Il pouvait très bien remettre à deux heures un repas qu'il aurait dû prendre à midi.  Puis à quatre heures...ce même repas.
A table, se posait aussi la question cruciale du choix : l'entrée passait toute seule, évidente comme une illumination. Il reculait un peu le moment d'attaquer son steak-frites ou son bœuf en daube, mais juste pour ne pas perdre la main. Au dessert, devait-il boire d'abord la limonade ou avaler sa compote, éternel dilemme. Louis en venait rarement à bout. Du coup, il maigrissait à vu d’œil  et ses grands bras le faisaient ressembler à un papillon. D'ailleurs, un jour qu'il passait par sa venelle, un jour de grand vent, il s'envola !

Fantasio

dimanche 1 juillet 2018

Au fil des mots ...

Ecrire en prose à partir de : 
Sur un fil
Au fil de l'eau
Eau de vie ...
Temps d'écriture : 12 minutes

Sur un fil

Au fil de l'eau
Eau de vie
La vie est ailleurs
Ailleurs et partout
Partout et nulle part
Pars et ne te retourne pas
Pas de folie
Folie des grandeurs
Grandeur des projets
Projet de toute une vie
Vie à croquer
Croquer à pleine dents
Dans un ciel sans nuage
Age de son être
Etre acteur de sa vie
Vider son sac
Sac de voyage
Age que l'on a
A profiter de son présent
Présent sans passé ni avenir
L'avenir c'est le moment présent!

Ziza


Mais pour qui vous prenez-vous?



Mais pour qui vous prenez-vous ?
Je me prends... (d'après Jean-Marie Laclavetine)
Temps d'écriture : 12 minutes

Je me prends pour un autre, pour cent autres qui ne sont pas moi.
J'ai d'autres clés que les miennes dans les poches, un costume comme je n'en porte jamais...
Je suis DRH, pour voir l'effet que ça fait : je manie de l'humain en tâchant de ne pas y laisser ma peau et mon sommeil.
J'ai un nouveau badge et, bien sûr, une place de parking.
Je suis ce SDF de la place Maubert, ce SDF à qui, la veille, je n'accordais pas un regard. Je suis devenu contemplatif, hagard, le paradis, pour moi, c'est une pièce de deux euros, l'adresse d'un coin sûr pour dormir, un chien comme compagnon...
Je me prends pour une silhouette qui erre dans les allées de ce parc...sans passé, sans futur, juste avec quelques petits bonheurs : faire corps avec le paysage, entendre un avion qui passe, un bébé qui pleure ou simplement rien, goûter la saveur de l'air, le soleil sur ma peau.

Je ne me prends plus pour grand-monde, même pas pour moi et c'est aussi bien.

Fantasio


Ecrire d'après un tableau ...pris au hasard



A partir du tableau de Gainsborough, "les sœurs Linley"

Temps d'écriture : 15 minutes

Mais pourquoi ne me regarde-t-elle pas ? Elle, c'est l'aînée, la belle, la future Lady Hudson...alors que moi, la cadette, la moche, on s'accorde à ne me voir aucun avenir.
Elle étudie la musique, Elisabeth et ne se fait pas prier pour exhiber ses partitions devant le peintre. Moi, je prends l'air un peu lointain, je regarde vers les écuries. Oui, j'adore les chevaux...et les palefreniers, accessoirement.
Elisa est trop parfaite, elle m'énerve. Sa robe est rigueur et passion, riche de promesses. Moi, j'ai l'air d'être habillée au "décrochez-moi-ça". Des fanfreluches, des rubans, pour un garçon manqué comme moi !
Elisabeth fera un beau mariage, dont les salons bruiront longtemps. Je briserai des coeurs, je deviendrai la honte de la famille et un jour, on me mariera contre mon gré. A vingt-quatre ans, je ferai une fin avec un capitaine qui m'embarquera, direction les Indes. Pour longtemps.
Du thé, des boys, des soirées à jouer au whist avec d'autres femmes d'officiers...
j'y userai ma jeunesse. Un jour, je ferai une fugue, je me perdrai, on me ramenera et mon mari, à partir de ce moment, sera très très patient avec moi. A cause de l'entourage.
Et des enfants.
Nous en aurons deux, John, comme son père...et Andrew.
Je transmettrai au plus jeune mon ennui distingué et à l'aîné, j'espère, ma révolte. Le peintre s'active, il nous a presque terminées, tant mieux, parce que j'ai mal au cou.
Vivement qu'il ait fini, que je puisse aller boire un bon verre de brandy !

Fantasio


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A partir du tableau ci-dessus


Je suis avec mon ami de toujours, Jean. Il est venu m'arracher à mon sommeil aux aurores en tambourinant comme un fou la porte en bois de ma petite maison située rue de la Truanderie au cœur de Châtelet.
Il était très agité et confus dans ses propos. Il parlait très vite, le souffle haletant d'avoir tant couru dans Paris!
J'ai saisi quelques mots qui n'avaient aucun sens. "Vite, lève-toi! C'est une horreur! Dépêche-toi!". Je n'ai que le temps d'enfiler prestement mes chausses de cuir de moutons et hop, nous voilà à courir dans les ruelles étroites du vieux Paris jusqu'à nous retrouver sur le bord de la Seine, à tout juste une centaine de mètres de la Belle Notre Dame, la fierté des parisiens...Et là, Ô stupeur, mon cœur s'arrête de battre devant une telle scène! La scène est rouge ...rouge de sang! Des milliers de corps flottent, sans vie. La plupart de ces gens ont été sauvagement égorgés. Hommes, femmes, enfants...les corps sont multiples. Ils avancent lentement en procession au rythme du courant de la rougeoyante Seine.
C'est un massacre. Un cauchemar. Même pire qu'un cauchemar. Un cerveau en sommeil ne pourrait imaginer de telles horreurs! Seul l'homme en pleine conscience est capable du pire...
Je n'ai aucun recul. Aucune perspective sur cette scène d'horreur que je reçois si violemment et pourtant, je pressens que ce 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélémy deviendra une date majeure dans l'histoire de France. Et c'est précisément ce jour-là que j'ai cessé de croire en Dieu ...

Ziza






dimanche 17 juin 2018

Jeu des papiers pliés





Chacun écrit sur 2 petits papiers distincts le nom d’un personnage historique et un objet. On plie les papiers et on les mélange, puis chacun tire au sort un papier dans chacun des tas représentant une catégorie et à partir desquels il va raconter une histoire.

Temps d'écriture : 15 minutes



Un personnage historique : de Gaulle. Un objet : Une horloge suisse


Dans ce bureau sombre et poussiéreux, un général faisait les cent pas. Une porte principale permettait l'accès et l'autre, surmontée d'une lampe rouge, menait au studio de la BBC. Le général, grand, petite moustache, fumait nerveusement, un papier à la main. Régulièrement, presque mécaniquement, ses yeux se fixaient sur une horloge suisse qui occupait un coin de la pièce. La grande aiguille, jugeait-il, allait à un rythme exaspérante de lenteur. Moins dix, allez, allez ! ...moins cinq...
Le général toussota : ce jour de juin allait être une date importante pour la Résistance. Il allait parler et galvaniser par sa voix radio-diffusée, toutes celles et ceux qui, comme lui, souhaitaient continuer le combat contre l'occupant.
Fatidique, la grande aiguille venait d'atteindre le 12.
La petite porte, celle du studio, s'ouvrit. Le général écrasa sa cigarette et s'avança.
- C'est à moi, non ? My turn. I'm suppposed to speak...
Le technicien demanda sèchement :
- Your name, please ?
- Mais...général de Gaulle !
- Ah, non... fit le technicien après un regard sur la feuille de service. L'heure est bonne, mais c'est demain que vous parlez, vous. On est le 17, aujourd'hui, sorry !


Fantasio


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Partir sur les chapeaux de roue!



Ecrire à partir de cette expression française : "partir sur les chapeaux de roues!"
Temps d'écriture : 10 minutes

Partir...mais partir pour où ? Comment et surtout à quelle vitesse ?
Il fut une époque où la maison Deroux frères, une vénérable institution sise rue Cadet, dans le IXème arrondissement de paris, fabriquait des chapeaux. Toutes sortes de chapeaux : des bibis, des canotiers, des chapeaux à fleurs et même des bérets. Le succès était tel que l'action Deroux était cotée en Bourse. Les valeurs montaient et descendaient à vive allure. Ainsi, il n'était pas rare d'entendre un spéculateur s'exclamer : "Je vais partir sur les chapeaux Deroux !" Puis la maison Deroux ferma. Le fils Deroux se fit moine au Turkménistan, mais l'expression demeura comme signe de grande vitesse.


La semaine prochaine, nous nous pencherons sur Mme Vibure...à l'origine de l'expression  "à toute vibure !".

Fantasio

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Quelle drôle d'expression quand on y réfléchit : les chapeaux ne sont pas dotés de roue et les roues ne portent pas de chapeau! Les expressions françaises sont souvent curieuses...est-ce le même constat dans les autres autres langues? Ces expressions résonnent dans nos têtes depuis des décennies et nous sont familières mais lorsque l'on prend le temps d'y réfléchir quelques instants, on se trouve vite dépité à la lecture au premier degré! Bref, revenons à nos moutons (encore une bien curieuse expression) : qui de nos jours possède encore des moutons -à part quelques idéalistes urbains ayant fui l'agitation parisienne pour s'installer dans le Larzac-? Personne! Mais je m'éloigne de notre sujet, à savoir "Partir sur les chapeaux de roues!". Je suis finalement partie bille en tête sur cette proposition d'écriture ...et me voilà bientôt au terme du temps imparti sans avoir réellement abordé la consigne.
Voilà ce que c'est de partir sur les chapeaux de roues sans réfléchir davantage à son sujet ...et à sa chute!

Ziza

Un cocon de douceur ...

Ecrire un cocon de douceur après avoir touché de la pulpe de ses doigts une matière mystère ...
Temps d'écriture : 15 minutes


Mon cocon douillet

Oiseau, mon cocon serait fait de plumes et de brindilles. Peut-être y aurait-il aussi des brins de laine ou du coton. Le nid, perché haut, entre trois branches, secoué par le vent, garantissait en tout cas chaleur et douceur à l'oisillon, bec ouvert, qui attend l'heure de manger. Un ver avant le repas, un ver comme repas et la vie est belle.
Jeune ogre, mon cocon serait fait de peaux de mouton au milieu desquelles je serai mollement étendu. Mon père ogre aurait mangé les moutons et gardé ensuite les peaux. Il aurait ajouté de l'herbe, des feuilles...


Aux urgences, mon cocon serait fait de coton qui crisse et de tissus délicats. Je serai en soins intensifs...normal pour un enfant accidenté qui pense confusément à la mort et à ces histoires d'ogres qu'on lui a trop souvent racontées. Mais dont l’œil s'égare vers la fenêtre et cet arbre, là...A l'intersection de trois branches, il y a un nid, autre cocon douillet pour un petit moineau.


Fantasio

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Cocon de douceur
Envie de vivre sur un nuage
Un nuage doux
Tout en nuances du gris perlé au blanc laiteux
Dans lequel je me loverai avec délectation
Il n'y aura que des sons feutrés
Une jolie musique aux sons de la nature
De cette terre bleue
Que je contemplerai
Depuis mon cocon perché
Un écrin de bonheur
Aux accents d'un ailleurs
Une ambiance toute particulière
Qui me ressemblera
Un havre de paix qui ne laissera pas entrer
Cléopâtre et les autres emmerdeurs de service
Un lieu à part
Hors du temps
Hors de tout
Un nuage sans démesure
Mais un cocon à ma mesure ...

Ziza