dimanche 17 décembre 2017

"C'est génial d'avoir ces moments dans la vie où tout bascule"


Ecrire un texte commençant par "C'est génial d'avoir ces moments dans la vie où tout bascule"
Temps d'écriture : 12 minutes


C’est génial d’avoir ces moments dans la vie où tout bascule. Ces moments où les extrêmes s’attirent, la mort laissant place à la vie. La vie nourrissant le renouveau de l’envie. Lorsque la mort m’a gouverné et que j’ai choisi de me réparer. J’ai eu cette folle envie de la défier. De m’offrir à elle, qu’elle ait cette illusion de me posséder. J’ai choisi d’affronter son vide par un vide. A 4000m, basculant dans l’infini, j’étais à sa merci et j’en ai ri de plaisir. Ce saut mettant fin à son emprise, c’est ce qu’il y a de génial, j’ai basculé dans la vie ou plutôt, j’ai commencé à vivre.

Juan



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Un jour de promenade nocturne en un lieu sombre , je crus que j'étais suivi et c'était bien la vérité. Je me trouvais à la campagne, longeant les prés alors que la nuit enveloppait le paysage. Je me crus en contact avec la nuit ancestrale , celle que l'on ne peut imaginer dans les villes, à la fois fascinante et inquiétante, procurant des sensations inhabituelles. Seul un léger vent soufflait , je me savais suivi je ne savais pas par qui ni par quoi. Aussi décidai-je de me dissimuler ; je vis un petit buisson qui me servit de cachette. C'est alors que je l'aperçus lui-aussi essayant de se faire le plus discret possible. Je le vis nettement à l'aide de ma lunette de vision nocturne . Il s'agissait d'un magnifique renard qui semblait vert à cause de l’optique que j'employais, mais je le vis distinctement. En fait, il ne se méfiait pas , peut-être n'était-il pas conscient que je l'observais moi – aussi. Sa déambulation me fascinait , le prédateur cherchait à se procurer de la nourriture et chassait de petits animaux. Je me suis rappelé à cet instant de la place donnée au renard dans les contes et les fables, je me suis dit qu'il était génial d'avoir un moment dans la vie où tout pouvait ainsi basculer, où l'on pouvait opérer une sorte de recul pour se propulser dans la nuit des temps. Ce fut un intense moment.

Gérard

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C’était un jeudi, le 12 mai, il y a 4 ans, 3 mois et 2 jours.
            Ce matin-là, je me suis levée comme tous les matins, à 6h30. A peine mes dix minutes rien qu’à moi sous la douche, et le marathon démarre : réveil des enfants, petit-déj, cris, pleurs, chamailleries, dépose en retard à la crèche, dépose en retard à l’école, et arrivée en retard au boulot. Comme tous les matins.
            Mais ce matin-là j’étais encore plus mal que d’habitude. Je commençais à ressentir véritablement ce sentiment de désespérance et d’amertume qui s’emparait de moi avec de plus en plus de force et de ténacité de jour en jour. Je commençais à devenir un robot lobotomisé, mais un reste d’humanité subsistait encore suffisamment en moi pour y éveiller une lueur de conscience. Ma vie était à chier, et j’étais malheureuse comme les pierres, c’était un fait.
Jusque-là, j’avais tout fait comme on m’avait toujours dicté de faire : mes parents, mon mari, la société. Etudes dans un secteur d’avenir, boulot rémunérateur dans une ambiance compétitive et individualiste, engagement avec un homme qui « partage les mêmes valeurs » et qui plaît à mes parents. On se raconte que tout va bien, qu’on est heureux, pour mieux s’en persuader, on multiplie les vacances à la montagne, aux Seychelles, au Caraïbes, puis un coup de folie exotique : le Népal. Mais malgré tout comme la routine immanquablement s’installe : mariage, un enfant, puis un autre, puis l’enfant de la dernière chance.
Comment remplir le vide de notre existence, l’ennui, le malaise, l’incompréhension. Fuir le face-à-face avec l’autre, et surtout avec soi-même.
Ce matin-là en arrivant au boulot, j’étais blasée au-delà de tout, de ce fatalisme qui pollue la vie des gens et dont personne ne réalise que nous détenons nous-mêmes les clés de cette prison.
Assise à mon bureau devant mon ordinateur qui me narguait, je songeais que j’en avais encore pour trente-et-un ans dans cette boîte, pour quinze ans à faire les lessives, les courses, le ménage, la bouffe, les devoirs, les sorties scolaires, les rendez-vous chez le médecin, le dentiste, l’orthodontiste, le kiné, pour toute la famille, et le reste de ma vie pour encore me mentir à moi-même.
Je tournai la tête vers le dehors et mes yeux tombèrent alors sur une affiche : « Tu es l’écrivain de ta propre vie. Reprends ton pouvoir », y était-il inscrit.
Je crois que c’est à cet instant précis qu’un tilt se produisit en moi.


Aujourd’hui, je suis prof de yoga dans le Limousin, où je vis au sein d’une communauté post-hippie qui élève des chèvres, peint, joue de la musique, écrit, et aime beaucoup. Je passe six mois de l’année en Inde ou à Bali, et partage ma vie avec un petit jeune qui m’adore et que j’adore. Mes enfants sont épanouis, et moi je suis enfin moi-même.

Agnès-Sarah

dimanche 3 décembre 2017

Une photo et 5 mots imposés par son voisin de droite


Ecrire un texte à partir de cette photo avec 5 mots imposés par son voisin de droite
Temps d'écriture : 12 minutes

Écrire un texte qui inclut les mots suivants : midi, dessin, gouache, jardin

Midi. Le soleil à son zénith darde ses rayons d'or dans nos esprits surchauffés. Pas un souffle d'air, pas un murmure des feuilles immobiles sur les arbres statufiés.

            Le jardin dans sa diversité de coloris, de l'herbe verte, vibrante de vie comme un enfant au début de de la sienne, à l'herbe jaunie ployant sous le joug des années assoiffées jamais assouvies semblait un dessin peint à la gouache par un artiste tourmenté alliant le le beau et le laid, la jeunesse et la vieillesse, la vie et la mort. La naissance est déjà lointaine, la mort encore longue à venir, c'est le midi de la vie, l'exacte moitié dont on ne connaît pas la durée.

André


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Écrire un texte qui inclut les mots suivants : "Printemps", "Pique-nique", "Art Graphique", "Joyeux", "Anniversaire".

Cher soleil te revoilà,
Beau printemps, tu nous tends les bras.
Nos visages s’éveillent à la tendre idée,
De revivre ces pique-niques à l’ombre des rosiers.

Nos enfants redécouvrant les arts graphiques,
Badigeonnés de cette gouache si peu subtile,
Leurs sourires la rendant pourtant magnifique.
Cette belle journée,
Comme un « Joyeux Anniversaire » à notre éternité.


Juan



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Au mois de novembre, sans doute le plus triste de l'année, en un endroit indéterminé avait lieu une fête à laquelle participaient moult convives en linceuls blancs.Ils dînaient silencieusement sans de la vaisselle d'argent. Ils fêtaient un anniversaire qui était celui de la sortie de l'enfance. Aussi leurs yeux étaient-ils tristes. Dehors, le vent soufflait, c'était l'automne ( à ce moment, un sac en plastique chuta de la banquette sur le sol, ce qui me déconcentra).

Gérard

Une vacherie à Noël!

Ecrire un texte autour d'une vacherie à Noël.
Temps d'écriture : 12 minutes


J-10, dix jours pour lui faire payer cette année de poubelles sur le palier, de TV au volume trop élevé et surtout de sourire totalement nié. Je vais lui préparer un Noël qu’il ne pourra pas oublier. Le jour J, il ira chercher son hideuse mère dans sa stupide Audi qu’il fait toujours déborder sur ma place de parking. Déjà, un peu de « Superglue » dans ses portières pour l’échauffer. Une fois qu’il sera rentré, un peu de cire dans les escaliers. Sa mère va sans aucun doute apprécier. Une fois monté, je lui allumerai ma TV qu’il puisse profiter d’un film totalement niais toute la soirée. Et surtout je n’oublierai pas de monter tous les vélos dans le palier avant de sonner chez lui pour lui faire profiter de mes toilettes bouchées.

Franchement, cela sera le pire Noël de sa vie !

Seulement, vais-je vraiment en profiter ? 

Juan

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Noël approche à grands pas et mes angoisses se rapprochent inévitablement ...
Je me regarde dans la glace chaque matin à compter du 1er décembre pour m'entraîner à faire le sourire le plus hypocrite possible lorsque j'ouvrirai ces cadeaux qui ne me plairont pas.
C'est mon calendrier de l'Avent à moi, ce décompte de la fabrique à sourires de faux-cul. 
Ça va, nous ne sommes que le 3 de ce mois fatidique, et je me trouve déjà pas mal en la matière! Il faut dire que je m'entraîne depuis belle lurette avec ma belle-mère qui m'offre des cadeaux de plus en plus moches au fil des ans. Plus mon histoire avec son fils se délite, plus ses présents sont minables ...Elle ne peut rien dire ouvertement de notre couple qui est au bord de l'abîme depuis si longtemps, alors sa rage s'exprime sournoisement à travers ses cadeaux de Noël! Mais attention, seuls ses présents à mon égard sont à l'image de ses sentiments pour moi. Comme si j'étais la seule responsable du naufrage de notre couple que nous formons, Pierre et moi.
Mais cette année, c'est décidé! Il n'y aura pas de Noël avec la belle-famille !
Mon cadeau de Noël à mon mari sera une demande de divorce en bonne et dû forme au pied du sapin : "Joyeux noël, mon chéri!".

Ziza

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La neige tombait à gros flocons recouvrant les rues d'une pellicule blanche. L'enfant remuait dans son berceau ; son innocence faisait plaisir à voir. Son père était un ouvrier métallurgiste qui travaillait à la Bethléem Steel. C'était un rude ouvrier. L'enfant naquit dans une autre vile métallurgiste : Nazareth ; c'était là qu'ils étaient établis lui et sa petite famille. Comme ils étaient hispaniques, ils nommèrent leur fils Jésus. Ils cherchaient une manière originale de fêter la Nativité.Aussi firent-ils appel à un voisin qui leur prêta une étable et leur dit : «  Je vous la prête, c'est ma vacherie, nous y mettrons le berceau ». Ce qui fut fait. Un voisin prêta un âne et des amis vinrent ; ils portaient des cadeaux, on transforma alors le lieux en une vacherie céleste au moment de Noël. On entendit alors un chœur céleste qui chantait les louanges de l'enfant.

Gérard

Ecrire un texte sans utiliser les verbes ETRE et AVOIR avec des mots imposés


Écrire un texte sans les verbes "être" et "avoir" mais qui inclut les mots suivants : "Bringuebaler", "Loup", "Étreindre", "Ange", "Chanter", "Suture", "Chassis", "Attraper".

Temps d'écriture : 15 minutes



Un ange triste regarde la lune.

Un loup le voit et s’installe à ses côtés :

« Pourquoi sembles-tu si triste l’ange ? Il te pèse tant de les voir 

bringuebaler toute cette souffrance ? Pourquoi la portes-tu ? Crois-tu 

que je porte la vie de tous ceux que je mange. La cruelle étreinte de ma 

mâchoire porte la mort et je l’assume chaque jour. Elle me pèse tout 

autant que toi, mais celle-ci s’inscrit dans ma vie. Laisse-les chanter 

leurs vies et pleurer leurs morts. Il ne tient qu’à eux d’attraper ce 
subtil sentiment, il ne tient qu’à eux de suturer leurs souffrances. 
N’oublie pas que même le chat s’il le souhaite, portera le masque du 
plus cruel des prédateurs ou du plus fidèle des compagnons. »


Juan


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La brune aux yeux verts brinquebalait sa solitude dans les rues de Paris. Elle s'appelait Ange, un prénom que ses parents, deux bigots patentés, lui léguèrent et qu'elle s'empressa, tout au long de sa vie, de démentir. Diablesse, voilà un prénom qui sonnait mieux et se rapprochait au plus près de ses actes et de ses pensées. Attraper le client, ce loup lubrique aux désirs salaces, ne posait pas de problème, son châssis carrossé  par un orfèvre lui permettait de ne prendre aucun répit, aucune attente entre deux passes.

            Elle prit l'habitude de chanter pendant que l'homme imbécile perché sur elle, ahanant et suffoquant dans son vil désir pensait que sa seule virilité provoquant ce chant. Étreindre à longueur de nuit des dos maigres ou épais provoquait en elle la suture de son désir profond, l'amour.

André

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L'ange féminin du bizarre se reconnaissait aisément au fait qu'il se déplaçait dans une carriole qui brinquebalait en roulant. Cette douce créature chantait d'une voix exquise d'étranges mélopées qui rappelaient les chants grégoriens. J'attrapais la charrette au passage et m'y installais pour écouter agréablement ce chant particulier. Couché sur des sacs de tubercules, je laissais aller mon imagination et pensais que que j'allais étreindre celle qui attendait mon retour d'un si long voyage aux confins du monde des rêves. Le châssis de la carriole montrait sa robustesse en encaissant sans broncher les cahots du chemin et les nids de poules, tels que l'on en trouve dans des lieux comme celui-ci, à la fois aussi pauvres et aussi gais. Les planches de bois de la charrette montraient parfois les sutures bricolées par les ouvriers et qui permettaient au véhicule de continuer son labeur avec son cheval au regard étrange qui semblait sonder la pensée de ceux qu'il regardait. Pendant ce temps là, on entendit le hurlement d'un loup qui vivait libre et nous le montrait bien ; on l'imaginait heureux et refusant toute contrainte.

Gérard

dimanche 19 novembre 2017

Un pastiche de Delerm


Commencer une phrase par "C'est bien de ..." en décrivant un petit plaisir du quotidien et en développant par un court texte descriptif.
Temps d'écriture : 7 minutes

C’est bien de retrouver sa voiture après une longue journée.
Elle est là, étincelante, une ligne sobre, racé, tellement belle. Aucune autre, ne lui ressemble.
Lorsque je lui signale mon arrivée, elle m’attend se drapant de sa dentelle de lumière.
J’ouvre la portière conducteur, ce son est unique. À la fois massif et étouffé, il s’en dégage un rassurant sentiment de robustesse.
Blottie en elle, le doux cuir de son volant vous rappelle sa douceur mais son rugissement à aux régimes, vous rappelle son caractère explosif.
Elle est cette douceur féline qui protège ceux que vous aimez et qui vous fait vibrer lorsqu’elle sort ses griffes.


Juan



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C’est bien, de glisser une tablette de chocolat noir dans ses courses et d’imaginer le moment où on va la manger. En rentrant ? Non, ce sera mieux après dîner. Je la pose donc enfin sur la table, cette tablette à l’emballage sobre. Je m’en approche, je déchire le carton. Avant, je lis la provenance, la composition, mmmmh ! cacao 70 %. Le carton ouvert, il y a encore le papier alu qui crisse sous les doigts. Un premier carré, odorant. Je le croque, le savoure longuement. J’attends. J’attends encore un peu avant de me dire que j’en prendrais bien un deuxième…

Fantasio


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C'est bien de laisser ses soucis sur le palier.
D'un pas plus léger, vous préparez le dîner. Les tracas qui vous ont minés, ne sont pas au menu ce soir. Un bien être vous envahit, un sourire éclaire votre visage, vos traits se détendent, votre ride sur le front disparaît. Le mot "demain" est plein d'entrain. La vie est belle et pleine de promesse. Le cœur allègre, vous fredonnez, vous effectuez un petit pas de danse, sans plus aucune retenue. Le meilleur est à venir, l'avenir vous apparaît tout sourire.

Tina

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C’est bien de sentir le parfum du jasmin vous emplir les narines tandis que vos mains se réchauffent au contact de la tasse bien chaude de thé fumant. Les après-midis d’hiver, enfoncée dans mon canapé de neige, je contemple ainsi les toits de Paris, fermant quelquefois les yeux pour mieux sentir la timide caresse du soleil. Puis, mon chat ronronnant à mes côtés, je porte la tasse à mes lèvres et laisse couler jusqu’au fond de ma gorge le nectar venu de Chine ou d’un autre pays d’Orient, me transportant ainsi dans un rêve lointain. Puis je rouvre les yeux et retourne à Paris. Quel délice de me sentir bien au chaud derrière mes vitres de givre. Et si par une chance extrême, quelques gouttes de pluie recouvrent la terre en une bienheureuse bénédiction, j’écoute admirative le clapotis de l’eau, me blottissant plus profondément encore entre mes coussins. Je ferme les yeux de nouveau, bercée par cette douce mélodie avant de reprendre un peu de ce nectar voyageur. Cette gorgée-là m’emmène dans le somptueux jardin d’un palais de maharadja, et me voilà belle princesse indienne en sari.

Agnès-Sarah


Phrases prises au hasard du livre "Rue de la sardine" de Steinbeck

Ecrire un texte avec les 3 phrases suivantes : 
Dès qu'il se sentit apaisé, il sortit de la cabine
Qu'est-ce-qu'il se passe, demanda Mack?
Tout le monde avait senti le changement
Terminer le texte avec cette phrase : 
Il faut en avoir l'habitude, dit Doc, moi qui en prends depuis 17 ans.
Temps d'écriture : 10+5 minutes


Tout s’est déroulé au-dessus du Pacifique, cela faisait trois jours que nous étions en orbite.
« Nous », c’est-à-dire Katerine Rays notre scientifique, Steve Dawson notre physicien, David Mack un civil qui a gagné sa place, via le jeu-concours ouvert sur la page Facebook de notre agence et moi-même, Peter Stompton commandant de bord.
Depuis notre mise en orbite Mack semblait soucieux, sur une autre planète si l’on peut dire.
Aussi, je lui proposai de parler dans ma cabine.
« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Mack.
« Je te retourne la question, tu sembles soucieux, que se passe-t-il ? » lui dis-je.
« Il y a, mon commandant, que j’ai oublié de demander à ma voisine de donner à manger tous les jours à Steven. » me répondit-il.
Étonné de cette réponse, je poursuivis : « Mais qui est Steven ? »
L’air particulièrement honteux, il bégayât : « Mon poisson rouge… »
Décontenancé, je l’ai assuré de faire le nécessaire et j’ai contacté la Terre en sa compagnie.
Dès qu’il se sentit apaisé, il sortit de la cabine. Tout le monde avait senti le changement et la mission se poursuivit sans encombre.
Une semaine plus tard, une réunion au sommet se déroula au siège de la NASA. Dock, le président de notre agence annonça l’objet de la réunion : « Steven était mort. »
Le stagiaire envoyé pour le nourrir avait malencontreusement renversé son pot de nourriture dans le bac. Steven mourut d’indigestion dans une orgie de paillette.
« Comment cela a-t-il pu arriver ? » demanda Dock à l’assemblée.
« Le stagiaire était drogué aux antidépresseurs. » répondit le responsable de la mission.
Il faut en avoir l’habitude dit Dock, moi qui en prends depuis 17 ans…


Juan



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Le navire voguait en pleine mer. Des vagues montaient et descendaient, la tempête menaçait. Pour une sombre histoire de retard dans la préparation du repas, le capitaine engueula un peu tout le monde et tourna les talons. Dès qu’il se sentit apaisé, il sortit de sa cabine.  Le bateau tanguait de plus en plus. La pluie battait, un vent à tout casser soufflait. - Qu’est-ce qui se passe ? demanda Mack, sur le pont inférieur. Mack était le second et ces craquements lu semblaient suspects. Tout le monde avait senti le changement. Les passagers avaient fui dans leurs cabines et les marins s’accrochaient aux mâts pour ne pas être emportés. Tout grondait et tremblait…Mack plissa les yeux : il lui sembla apercevoir un homme près du canot de sauvetage. Sous des trombes d’eau, Doc état assis. Eh oui, le médecin du bord. Ruisselant, Mack le vit sortir une bouteille de rhum de sous son ciré et la coller à ses lèvres. Mack haussa la voix : Mais, Doc, vous ne …

-       Il faut en avoir l’habitude, dit Doc, moi qui en prend depuis dix-sept ans…

Fantasio


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Il  était parmi les dernier à passer. L'enjeu était de taille. Le juré ne lui ferait pas de cadeau. Dès qu'il se sentit apaisé, il sortit de la cabine. Son cas se défendait là, il avait passé la moitié de sa vie enfermé. Le trac lui nouait l'estomac. Les mots refusaient de sortir. Un des jurés s'adressa à lui : Qu'est ce qui se passe, demanda Mack? Comme si les voix lui parvenaient de très loin, il sentait les regards qui pesaient sur lui. S'armant de courage, il recouvra l'usage de la parole. Le maintien de son corps à présent était plus droit. Tout le monde avait sentit le changement. Le remord, le repentit, les mots que les jurés attendaient de lui. Tout y était. Doc n'avait plus peur de s'exprimer. Toutes ces années passées à ressasser cette journée, cet unique moment qu'il ne voulait pas gâcher. Sa libération en dépendait. Pour finir son plaidoyer, Doc conclut : il faut en avoir l'habitude, moi qui en pris pour 17 ans.

Tina


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Dès qu'il se sentit apaisé, il sortit de la cabine téléphonique*
En fait, Vince souffre de multiples tocs et la seule chose qui l'apaise, c'est d'entrer dans une cabine téléphonique pour calmer ses  envahissantes et inévitables angoisses .
Et ce jour-là, à peine était-il sorti de cet espace appartenant à France Telecom, qu'un irrépressible besoin d'y entrer à nouveau le saisissait!
"Mais qu'est-ce-qu'il se passe, demanda Mack?", son ami d'enfance qui l'accompagnait aussi souvent que possible lors de ses sorties. 
Tout le monde avait senti le changement chez Vince mais aucun n'était capable d'en expliquer l'origine. Les tocs se montraient de plus en plus pressants ces derniers temps mais sans raison apparente.
Mack profita de cette énième crise puissance XXL pour conduire son ami chez le doc, le médecin du quartier qui suivait Vince depuis sa plus tendre enfance. Le diagnostic tomba : les crises allaient évidemment s’accélérer. La maladie franchissait un cap. Le recours aux cabines téléphoniques ne serait bientôt plus suffisant. Le doc prescrit à Vince une molécule chimique qui le délivrerait d'ici quelques semaines de ses angoisses qui l'empêchait de vivre normalement.
"Il faut en avoir l'habitude, dit le Doc, moi j'en prends depuis 17 ans". 


*Note de l'auteur : la scène se situe au milieu des années 80. La cabine téléphonique faisait partie du paysage français à cette époque-là.

Ziza

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Il dévalait la rue en direction de Pigalle. Les yeux rivés au sol, un peu honteux, un peu gêné par cette pulsion qui venait le visiter chaque jour et qu’il ne pouvait maîtriser. Il tourna au coin de la rue et, le regard fuyant, entra dans le premier sex-shop, direction les cabines.
La main tremblante, avide, il fouilla dans sa poche à la recherche des miraculeuses pièces qui lui permettraient enfin de se soulager. Quinze minutes, il avait assez pour en profiter quinze minutes.
Dès qu’il se sentit apaisé, il sortit de la cabine et, enfin détendu reprit le boulevard. Il marcha plus léger. Aujourd’hui il n’avait eu besoin d’y aller qu’une seule fois. Il était en bonne voie, bientôt il pourrait décrocher.
Mais il passa devant le club « Les filles faciles ». Mack interpella : « Eh Norbert, tu viens passer nous voir ce soir ? C’est sympa ça. » Serrant les poings, il passa devant le club sans se détourner de sa marche. C’était bon, il pouvait tenir encore quelques heures. « Eh qu’est-ce qui se passe ? », demanda Mack. Il ne répondit pas et accéléra son pas.
      « Je suis malade, je suis malade, se répétait-il. Il faut que je trouve une solution. »
Arrivant vers la place Clichy, il trébucha et s’affala sur un banc. Ses tremblements le ressaisirent. Il était à bout.
Une voix se fit entendre derrière lui :
-  Il faut en avoir l’habitude, dit Doc, moi qui en prends depuis 17 ans. Il faut apprendre à gérer les doses. 
- Eh, je suis pas un tox ! s’écria Norbert.
- Ah bon, reprit Doc, pourtant t’en as bien l’air. 
            Une vérité venait de frapper de plein fouet Norbert. Il s’effondra sur le banc et pleura à chaudes larmes.
             Au bout de quelques instants, il sentit une délicate main se poser sur son épaule. Il se releva brusquement et tourna la tête. Il crut voir un ange. Une femme au visage doux et aux yeux étincelants dans la nuit lui souriait. « Vous avez besoin d’aide ? lui demanda-t-elle. »

            Quelques semaines plus tard, tout le monde avait senti le changement. Norbert n’était plus le même homme.

Agnès-Sarah

Ce jour-là, j'ai rencontré une personne qui a beaucoup compté dans ma vie...

"Ce jour-là, j'ai rencontré une personne qui a beaucoup compté dans ma vie...".
Ecrire la suite.
Temps d'écriture : 10 minutes

Le temps était magnifique, néanmoins je me posais toujours ces éternelles questions :
Que faire de cette existence ?
Mes choix sont-ils les bons ?
Quelle décision prendre ?
De quelle manière apporter des réponses à toutes ces questions ?
Le ciel était bleu azure, une idée jaillie dans mon esprit.
Saute, tu l’as tellement imaginé.
Le lendemain, je sautais en tandem, ce fut une extraordinaire sensation.
Cependant, cela ne me suffisait pas, il me fallait le faire seul.
Un mois plus tard, je fis ce grand saut dans le vide.
J’acceptai que ma destinée puisse basculer et qu’il ne tenait qu’à moi de la traverser.
Ce jour-là, j’ai rencontré cette personne qui n’a pas assez compté dans ma vie :
Celle que je choisis d’être. 


Juan


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Ce jour-là, j’ai rencontré une personne qui a beaucoup compté dans ma vie : il était vieux…ou plutôt, étant jeune, je le trouvais vieux.
Habillé de façon stricte, il avait ce côté anglais, tweed et parapluie. Il nous enseignait le dessin.
J’étais en quatrième. Pendant son cours, je négligeais les copains pour m’atteler à réussir une perspective, un dégradé.
C’est là, pour illustrer le programme du centenaire du collège que j’entendis les premiers compliments sur mes dessins.

Ancien militaire, cet homme s’appelait M. Taillandier. Et il avait de l’humour.

Fantasio


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Ce jour là, j'ai rencontré une personne qui a beaucoup compté dans ma vie.


Je regardais les couples évoluer sur la piste de danse. La soirée battait son plein. Nous arrivions en fin de soirée et je commençais à être fatiguée. Quand mon regard se posa sur lui. Il était vêtu de blanc. Son assurance était palpable. Légèrement mais surement, il guidait sa partenaire. Comme ensorcelée, je regardais sa silhouette qui bougeait au rythme de la musique. J'en avais le souffle coupé, mon cœur battait à la chamade. Un coup de foudre? Non je n'y crois pas. Le morceau s'acheva et très naturellement, il s'avança vers moi et il m'a dit : tu danses? J'avais les jambes coupées, nos regards se cherchaient et se croisaient. Ce jour là, plus rien ne fut pareil....

Tina

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Ce jour-là j’ai rencontré une personne qui a beaucoup compté dans ma vie.
Il était 11h11 lorsque j’arrivai à la maternité. Ma meilleure amie, Audrey, venait d’accoucher. Je n’ai jamais trop aimé les enfants. Je trouvais que les gamins ça crie, ça pue, et en plus ça monopolise toute l’attention. C’est vrai ça, impossible d’avoir une conversation normale. Dès lors on se retrouve otage des confidences couches-biberon-areu et compagnie : la galère ! Et on passe pour un monstre insensible si on ne s’extasie pas comme un crétin devant ses mimiques difformes.
            J’arrivai donc heureuse du bonheur de mon amie, mais consciente que nos soirées à se poiler et faire la fête jusqu’au petit matin, je pouvais leur dire adieu avant un bon bout de temps, voire pour toujours…
            Je préparai dans le couloir un sourire béat qui puisse paraître le plus naturel possible et poussai la porte de la chambre.
            Au lieu de l’agitation un peu hystérique à laquelle je m’attendais, je trouvai la chambre très calme. Mon amie dormait. J’avançai donc à pas de loup, elle avait sans nul doute grand besoin de se reposer après un accouchement qui dura huit bonnes heures… Quelle horreur !
            Je me postai devant le landau de la soi-disant merveille. Là je restai immobile. Cette petite chose planta ses grands yeux bleus profonds dans les miens, plongeant jusqu’au fond de mon être. Elle me regardait avec une telle innocence et en même temps ce qui m’apparaissait comme une indicible, mystérieuse sagesse que j’en fus pénétrée. En cet instant je sentis que quelque chose en moi était en train de basculer pour toujours.

            Deux longues larmes coulèrent le long de mes joues. Nelly était entrée dans ma vie.

Agnès-Sarah